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Le problème de productivité du Canada est une question de profondeur, pas de talent

Le problème de productivité du Canada est une question de profondeur, pas de talent

Author: Michael Graydon/4 décembre 2025/Categories: Lettres ouvertes

Il y a deux semaines, au moment où je me suis présenté devant le Comité de l’industrie de la Chambre des Communes, un point est ressorti : le problème de productivité du Canada n’est pas causé par des firmes médiocres ou des travailleurs complaisants, mais plutôt par la structure de notre économie. L’écosystème manufacturier manque de profondeur pour engendrer la productivité. 

Dans la fabrication de produits alimentaires, de santé et de consommation, c’est encore plus évident. Le Canada compte des installations de calibre mondial qui performent parmi les meilleures de tout leur réseau mondial. Ces compagnies font appel à une technologie avancée, à l’automatisation, à des capacités de recherche et offrent des emplois de grande valeur. Elles ancrent les chaines d’approvisionnement locales, créent des milliers d’emplois indirects et agissent souvent comme plaque tournante de l’innovation. Le défi est que nombre de ces firmes ne grandissent pas ici au même rythme qu’auparavant. Leur siège social mondial, chaque fois qu’il doit choisir où allouer le nouveau capital, n’est que trop souvent peu convaincu par le Canada. 

Au même moment, la plus grande part de notre secteur est composé de petites et moyennes entreprises qui désirent grandir, mais ne peuvent atteindre la taille requise pour adopter les technologies et processus qui permettent la productivité moderne. Selon Innovation, Science et Développement économique Canada, moins d’un pour cent des établissements de fabrication alimentaire du Canada sont suffisamment grands pour soutenir une capitalisation soutenue. Aux États-Unis, la structure industrielle est bien différente et compte une plus grande proportion de moyennes et grandes entreprises capables de faire face à la concurrence mondiale. 

Il manque donc un juste milieu. Le Canada est fort en petites et grandes entreprises, mais trop peu de petites firmes atteignent la taille moyenne qui permet aux gains de productivité de s’accélérer. Le résultat est donc prévisible. Les plus petites firmes ont de la difficulté à se moderniser, tandis que les grandes peinent à justifier de nouvelles capitalisations. Le pays passe donc à côté des avantages provenant d’un écosystème manufacturier profond et concurrentiel. 

Les conséquences en sont visibles sur les étagères de toutes les épiceries. Plus de la moitié des produits vendus dans les allées centrales sont importés, même s’ils ont jadis été fabriqués ici. Les usines du pays demeurent hautement efficientes, mais avec l’augmentation des coûts, la lenteur des approbations et la règlementation qui diffère des normes mondiales, les firmes multinationales consolident leur production dans des juridictions où l’environnement est plus concurrentiel. Pour les petites et moyennes entreprises canadiennes, l’impact agit comme un plafond à la croissance. 

Pourtant le Canada ne manque ni de productivité, ni de capacité. Statistique Canada signalait l’automne dernier que l’adoption de l’innovation en fabrication alimentaire a chuté. À peine 67,7 pour cent des entreprises ont introduit une innovation sous forme de produit ou de procédé entre 2021 et 2023, soit une baisse significative par rapport aux années précédentes. L’innovation des procédés a chuté de près de la moitié des firmes pour atteindre à peine 38,5 pour cent. Ce sont là des symptômes et non la cause d’un problème à grande échelle. 

Les pressions en matière de main-d’œuvre viennent renforcer cette dynamique. Compétences Transformation Alimentaire Canada estime que le secteur aura besoin de plus de 92 500 travailleurs supplémentaires d’ici 2030. Sans une plus forte croissance de la productivité, l’ajout de main-d’œuvre n’apportera pas l’augmentation de production souhaitée. Un écosystème manufacturier plus profond contribuerait à refermer cet écart. 

Le Budget 2025 comprend d’importantes mesures à cet égard. La superdéduction pour productivité et l’amélioration des règles d’amortissement des coûts de capital permettent finalement au Canada de mieux concurrencer les États-Unis. Ces changements compteront autant pour les moyennes entreprises qui tentent de se moderniser que pour les multinationales qui doivent choisir où allouer leur prochain mandat mondial. Mais la politique fiscale ne peut à elle seule résoudre un défi structurel. 

Le Canada doit se doter d’une stratégie claire permettant de développer à la fois les deux extrémités du spectre. Les grandes multinationales doivent demeurer robustes et concurrentielles afin de continuer à investir au Canada. Quant aux petites et moyennes entreprises, elles doivent être soutenues dans leur croissance, investir dans la technologie et approfondir leurs chaines d’approvisionnement domestiques. 

Tout ça exige un environnement règlementaire moderne qui s’uniformise avec les juridictions de confiance, accélère les approbations et réduit les dédoublements. Il faut se doter de cadres coordonnés pour les plastiques et l’étiquetage qui réduisent les coûts de conformité au lieu de les multiplier. Et il faut aussi traiter l’infrastructure des chaines d’approvisionnement comme une infrastructure stratégique. La congestion des ports, les limites du transport par rail et la fragmentation de la logistique ne font pas que ralentir les marchandises; elles compliquent la vie des firmes mondiales qui souhaitent choisir le Canada et celle des firmes domestiques qui souhaitent grandir. 

Le débat entourant la productivité doit évoluer. Une conversation au sujet de petites entreprises qui essaient plus fort, ou de grandes firmes transportant toute la charge ne règle rien. La productivité se crée quand l’ensemble de l’écosystème possède la profondeur, la stabilité et la compétitivité nécessaires à soutenir l’investissement continu. 

Le Canada possède le talent, la base agricole, le marché de consommation et la réputation mondiale requise pour devenir chef de file de la fabrication des produits alimentaires et de consommation à valeur ajoutée. Ce qui nous manque, c’est un environnement politique qui permet aux joueurs mondiaux et aux entreprises d’ici d’atteindre leur plein potentiel.  

En renforçant la catégorie supérieure et en développant un milieu plus robuste, le Canada peut rebâtir sa capacité perdue, augmenter ses exportations et reprendre sa place parmi les pays qui fabriquent davantage qu’ils ne consomment. La question est de savoir si nous choisirons de développer la profondeur nécessaire pour devenir vraiment concurrentiels. 
 

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